L'histoire du mouvement Adventiste du 7ème Jour en Guadeloupe. Il y eut un homme envoyé par Dieu, son nom était Philipps GIDDINGS. Ainsi pourrions-nous, en paraphrasant l'Evangile de Jean, introduire l'historique du Mouvement Adventiste dans l'île de la Guadeloupe.

Généralement, bon nombre de personnes pensent que les origines de ce grand mouvement remontent aux années 1931-1932, dates marquantes dans l'histoire de notre œuvre puisque, c'est l'époque des premiers baptêmes parmi les locaux et la construction du premier temple à Grippon, Morne-à-l'eau. Mais, en réalité, son développement pourrait se subdiviser en cinq grandes périodes, et ceci, dès 1910.

Au commencement...
1910. Originaire de la Guyane anglaise, le pasteur Philipps GIDDINGS, premier missionnaire adventiste à fouler le sol de la Guadeloupe, s'installait avec sa famille à Pointe-à-Pitre. Il maîtrisait parfaitement la langue française, et c'est dans sa maison de la rue Alsace Lorraine que la première école du Sabbat verra le jour et que durant une décennie retentira le message des Trois Anges. Il faut attendre 1919, pour voir les premiers fruits de ce laborieux travail.
 

A cette date, les époux Joshua JAMES, couple anglophone résidant à Capesterre Belle-Eau, acceptaient le baptême et devenaient ainsi les premiers Adventistes de la Guadeloupe. D'autres anglophones devaient se joindre à eux jusqu'en 1920. C'est la période dite "de l'église des anglaises". Il y a encore des membres de cette église des commencements au sein du Mouvement Adventiste. On pourrait citer Samuel HENRY, Wilshire GEORGES. Philipps GIDDINS sillonnera toute l'île, vendant Bibles et ouvrages doctrinaux, distribuant gratuitement des imprimés sur le message qu'il aime et qu'il prêche. Il quittera la Guadeloupe en 1920 pour s'installer à la Martinique. MM JAMES & PHIPS, deux membres de l'église, prendront la relève vers 1925, un colporteur du nom de Charles BROWN viendra leur prêter main forte.
1929. Année terrible ! "L'église des anglaises ne se relèvera pas des ravages causés par le cyclone 28", sinistre souvenir car beaucoup de ses membres partiront, en quête d'un ciel plus clément, d'autres retourneront et pour cause, dans leur pays d'origine, d'autres encore, découragés, abandonneront le mouvement. Mais voici, qu'en 1929 est organisée la Mission des Antilles, regroupant les îles sœurs et ayant son siège à Fort-de-France, et lorsque, l'année suivante, le pasteur H. DEXTER, originaire de Californie, fait sa tournée en tant que président de cette jeune mission, il ne trouve en Guadeloupe que quatre Adventistes dont, à Grippon, Mme Veuve Maxime HERISSON.

Le berceau de l'œuvre Adventiste

L'action de Mme HERISSON marque le début de la seconde période du développement du Mouvement Adventiste. Cette figure illustre mérite qu'on s'y arrête un instant.
 

Née Andrée LAPIERRE de MENINVILLE, descendant d'une famille de colons métropolitains, cette jeune fille pieuse se préparait à entrer dans l'ordre des Carmélites mais, après un curieux concours de circonstances, elle se marie et hélas, perd son mari prématurément. Lors d'un séjour en France, elle rencontre un colporteur adventiste. Frappée par la beauté et la simplicité du message, elle s'inscrit au Séminaire de Théologie de Collonges, et là, se fait baptiser.
 

De retour dans sa Guadeloupe natale, elle commence un travail d'évangélisation où se mêlent harmonieusement, la bienfaisance, les soins médicaux et l'enseignement des Ecritures. Les réunions et le culte sont tenus dans sa maison. Elle va même jusqu'à payer le salaire annuel d'un évangéliste engagé pour s'occuper à plein temps de ce vaste champ missionnaire, en l'occurrence, H. LINZEAU. Cette période marquante fut caractérisée par le sacrifice, le zèle missionnaire et l'amour chrétien.
 

Les résultats d'un tel dévouement ne se font pas attendre et le moment tant attendu vint enfin car à cette cérémonie de baptême mémorable de 1931, les cinq néophytes scellant en ce jour leur alliance avec Dieu, étaient tous Guadeloupéens. 1932 verra la construction du premier temple Adventiste de l'île, fruit de la générosité de Mme HERISSON, temple qui existe encore aujourd'hui.


 

C'est de Grippon que le mouvement prendra son essor et c'est à juste titre que Morne-A-L'eau est considéré comme le berceau de l'œuvre en Guadeloupe. 
... Et l'action engendra le progrès

 

Voilà que s'ouvre en 1933, sous l'égide du Pasteur O. DUNN, la troisième période de l'histoire du mouvement Adventiste. Un lieu de culte est ouvert à Pointe-à-Pitre, rue Anatole Léger, et parmi ceux qui le fréquentent, il faut mentionner Joseph BIGORD et Henri BEAUREGARD, deux membres qui devaient jouer un rôle de premier plan. Sous leur impulsion et celle de deux colporteurs martiniquais, E. BERLE et S-N. JEAN-ELIE, le message Adventiste, non sans mal, s'introduire dans le vécu des Guadeloupéens. Cette même année 1933, ils iront faire connaître le message à Marie-Galante et à la Désirade. Joseph BIGORD fera d'Antoine MEOSON, un fervent Adventiste, un pionnier infatigable qui travaillera à Marie-Galante avec le même dévouement que Mme HERISSON.

Le 26 Mai 1934, le Pasteur FINSTER organise l'Eglise de la Guadeloupe avec 19 membres. Deux ans plus tard, cette église en comptera 57, et Elie BERLE qui en assumera la direction sera en 1938, le premier antillais français à être consacré Pasteur. En cette même année 1934, la dépendance de Saint-Martin fera connaissance avec le message Adventiste sous l'impulsion de Paul CHOVINO.
 

En 1947, la première école Adventiste, La Persévérance, ouvre ses portes sous la direction de J. BIGORD. De 1947 à 1951, sous la présidence de divers pasteurs, trop nombreux pour être cités, la Mission des Antilles Françaises met en œuvre un vaste programme de construction, et la plupart des temples les plus anciens dont ceux de Deshauteurs et de Boissard seront alors érigés. L'Eglise Adventiste, face aux nombreux besoins des Adventistes et de la communauté environnante, organise différents secteurs d'activités, notamment celui de la prise en main de la Jeunesse avec les Missionnaires Volontaires, les MV, connus actuellement sous l'appellation de Jeunesse Adventiste ou J.A.
Cinquante ans après l'arrivée du Pasteur GIDDINGS, l'île de la Guadeloupe comptait 2 100 membres grâce au travail d'ardents laïcs et de pasteurs tous consacrés et fidèles.
 

Le tournant décisif
En 1965, la Mission des Antilles Françaises se scinde et deux nouvelles Missions font leur apparition. C'est ainsi que le 8 décembre de la même année naît la Mission Guadeloupéenne des Adventistes du 7ème Jour. Le mouvement entre alors dans la quatrième phase de son histoire et connaîtra une fulgurante ascension sous la direction de son président, le Pasteur Guiscard SABLIER. C'est à cette époque que fut évangélisée l'Île des Saintes. 
 

Et maintenant ...
En Juin 1977, la Mission de la Guadeloupe accède au rang de Fédération et c'est le Pasteur Antoine OCULI qui est chargé d'en assumer la présidence. C'est le début d'une ère nouvelle, celle que nous vivons actuellement. De plus, elle verra l'éveil d'une vocation et de nombreux jeunes partiront se former en vue de servir dans les diverses branches d'activités de l'œuvre.


De 1981 à 1989, le Pasteur Jude ISIMAT-MIRIN assumera la présidence de la Fédération des Eglises Adventistes et tentera d'insuffler au cœur de tous les membres d'Eglise un regain d'intérêt pour l'Evangélisation des masses. De 1981 à 1988, le nombre d'Adventistes est passé de 6 455 à 6 342 Adventistes.
 

C'est sur cette même lancée qu'en 1989, un jeune Pasteur Max-René LAURENT présidera aux destinées de l'Eglise Adventiste en Guadeloupe de 1989 à 1995. Avec son équipe, il amplifiera la présence Adventiste sur tout le territoire de l'archipel Guadeloupéen. Des secteurs d'activités tels que la Maison Santé et Vie, Le Secours Adventiste, La Radio Vie Meilleure, connaîtront un nouvel essor. De 1988 à 1994, le nombre de membres Adventistes est passé de 6 732 à 9 234.
Sous la présidence du quatrième président de la Fédération, Daniel CARBIN, de 1995 à 1998, un travail conjugué des Pasteurs et des laïcs permettra de poursuivre le développement du mouvement Adventiste. De 1994 à 1997, la population Adventiste en Guadeloupe atteignait 10 278 membres.

Suite à l'Assemblée Générale de l'Eglise Adventiste en 1998, les délégués ont confié à Clarence PAMPHILE la présidence du mouvement. Depuis mars 2002, face aux grands défis du IIIe millénaire, l'Assemblée Générale a confié à une nouvelle équipe la gestion des affaires de l'Eglise Adventiste en Guadeloupe, équipe dirigée par Alain ANGERVILLE, et est jusqu'à ce jour le président de la Fédération des Eglises Adventistes de la Guadeloupe. A la fin de l’année 2010, l'effectif de l'Eglise Adventiste s'élevait à plus de 12 000 membres.